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jeudi 29 janvier 2026

 

Un voyage dans le Limousin en 1961

En 1961, j'avais 2 ans. Avec mes parents, pendant les vacances, quand nous ne séjournions pas à Yzeron ou à Ventavon, il nous arrivait de partir pour un petit voyage dans une région française autre que la nôtre. Cet été 1961, mes parents avaient choisi le Limousin. La famille était partie, toujours accompagnée par Hélène, qui vivait avec nous et qui s'occupait de moi quand mes parents travaillaient dans notre boucherie lyonnaise située dans le quartier de la Guillotière. A part les photos que je conserve, je n'ai pas de souvenirs de ce voyage. J'étais trop petite. Il parait que nous avons visité le site d'Oradour sur Glane. Que pouvais-je alors comprendre à propos de cet endroit ? Malgré tout, j'ai toujours le plaisir de passer en revue les photos de ce voyage.
Sur les bords du lac de Vassivière avec Hélène.
Perchée sur le toit de la Régence. Je crois me souvenir qu'elle était bleue.
Muriel au volant !

Une petite fille très choyée et entourée.
Avec Papa.
Merci à mes parents de m'avoir fait don de tous ces souvenirs et aussi à ma maman qui a tant fait pour les conserver afin que je puisse les retrouver plus tard.
01 avril 2025

mercredi 7 août 2024

L'ACCIDENT (RECIT)


 Nous sommes en 1966. J'ai 7 ans. Ce jeudi matin, il fait beau sur Lyon. Le jeudi est un jour important pour moi. C'est mon seul jour de congé avec le dimanche. A l'école primaire, nous allons encore à l'école le samedi toute la journée. J'habite donc à Lyon, dans le quartier de la Guillotière, un petit quartier populaire avec plein de petits commerces. Presque un village.
 Comme pratiquement tous les jeudis matins, je me rends à la boucherie de mon père à quelques pâtés de maison de mon immeuble. C'est souvent là aussi que je retrouve Martine H, ma meilleure amie, qui est voisine de notre boucherie. 
On me demande d'aller faire une course dans le quartier. Pour cela, je dois traverser cette rue de la Thibaudière. C'est ce que je m'apprête à faire. Au même endroit, une 404 veut quitter son stationnement. Nous nous avançons toutes les deux en même temps et le choc fut inévitable.Tout s'est passé si vite que je ne pourrais pas l'expliquer. Je me retrouve projetée sur le sol à moitié évanouie. Dans la boucherie, une cliente s'écrie : "La petite ! Sous la voiture !". Pour mon père, cela dut être terrible. Je le revois encore sortir en courant de la boucherie, avec son grand tablier blanc, hurler "Muriel !". Il manque de s'en prendre au conducteur de la 404. Mais il y a plus urgent. On me transporte dans l'arrière boutique de la boucherie et on appelle Police Secours. Je crois que l'affolement des adultes et le remue-ménage autour de moi m'ont bien davantage choquée que l'accident lui-même ! L'arrivée de Police Secours avec son pin pon n'était pas fait pour que cet évènement soit moins anxiogène. Heureusement, Maman était là pour m'accompagner. Direction l'hôpital Edouard Herriot, que l'on nommait plus volontiers Grange Blanche. C'est la première fois que je mets les pieds dans un hôpital.
 Finalement rien de grave à part un gros hématome sur une jambe. Je peux rentrer chez moi. Je suis couchée dans ma chambre. Papa est rentré. Il me sert dans ses bras en pleurant. Il a eu une telle frayeur ! C'est l'une des rares fois où je l'ai vu pleurer ainsi. Et cette image restera dans ma mémoire. Je suis en convalescence, allongée sur un fauteuil dans le séjour. Je sens que je suis davantage touchée par le choc psychologique de cet accident. Tout le monde vient voir la petite accidentée. Famille, amis, je suis très entourée. Par la suite, il faudra bien retourner à l'école. Mais le choc de l'accident a fait son effet. Je ne peux plus traverser une rue toute seule, j'ai peur ! On doit m'accompagner ! Ce problème va durer à peu près un an.
 Et puis les choses reviendront normales. Ce ne fut pas un grave accident. Ce qui reste davantage dans ma mémoire, c'est la réaction des adultes, notamment de mon père. Les sentiments se manifestent sans doute mieux dans nos actes et nos attitudes que dans nos paroles. Si je pouvais encore douter des sentiments de mon père pour moi, il suffit de me souvenir de sa frayeur ce jour-là, pensant peut-être qu'il m'avait perdue.



Rue des Trois Pierre, là où j'habitais à quelques pâtés de maison de la boucherie de mon père.

Pour me consoler de mon accident, Maman m'avait offert Skooter, la petite soeur de Barbie. Elle était rousse avec des tâches de rousseur. D'ailleurs je l'ai toujours !

La boucherie de mon père n'existe plus. Il y a eu beaucoup de démolitions dans ce quartier par la suite. Néanmoins, il reste quelques vestiges de mon passé çà et là. Mais quand je reviens ce qui est rare, j'ai parfois à retrouver mes anciens repères dans ce nouveau quartier.